Paranoïa et chocolat

Une description de ce à quoi peut ressembler la vie d’une jeune femme dans la vingtaine en ce 3e millénaire!

 

Cavalia! 4 juin, 2011

Classé dans : Non classé — paranochoco @ 22:11

Revenons un peu dans le temps. Samedi 24 juillet 2010 (n’est-ce pas fabuleux que j’indique toujours la date ainsi?), je réalisais un rêve! Depuis toutes ces années où je rêvais de voir le spectacle Cavalia, il était désormais accessible pour mon budget! Youppi! De plus, ma mère s’était même offerte pour m’accompagner! Une belle journée mère-fille s’annonçait. 

Je suis donc partie de mon coin de pays par une belle journée chaude et nuageuse. Direction Brossard, Quartier Dix30.  Aucun stress ne n’habitait pour la route. Trop facile, qui ne sait pas se rendre au Dix30? Eh merde! 

Le vent dans les cheveux, la musique à fond, la sueur sur le corps (i.e. je n’ai pas l’air climatisé dans ma voiture), j’étais tout simplement heureuse. J’avais 45 minutes d’avance… Que demander de plus? Même ma mère était d’une douceur rafraichissante. Alléluia! 

Une fois la sortie du Dix30 prise, j’ai défilé à la matriarche muette (i.e. elle ne jase jamais en voiture : le stress!) tous les endroits qui me rappelaient des souvenirs. Je manifestais un enthousiasme monstre. «Regarde, je suis allée dîner là avec des collègues… Ha ce magasin, je dois tellement y aller!… Oh regarde, là c’est le ALT. Tu sais l’endroit où j’ai subi l’humiliation d’être célibataire! (voir article mars 2010 pour plus de détails)» D’accord, ce n’était pas que de bons souvenirs, mais qu’importe! J’aimais la vie et j’étais en avance. Je voyais même le chapiteau! Hourra! 

Je suivais donc les petites pancartes sans flèche qui s’éternisaient. Puis, l’horreur! Un cul de sac! Je voyais toujours le foutu chapiteau. Malheureusement, il était de l’autre côté de l’autoroute. Comment pouvais-je me rendre? Coup d’œil au cadran. J’avais toujours 45 minutes d’avance. Le plan? Trouver un bon samaritain qui nous expliquerait le chemin. 

Après avoir interrogé 4 personnes, l’évidence sautait aux yeux. Il n’y avait que des touristes au Dix30. Aucune indication valide. Coup d’œil au cadran : 5 minutes venaient de passer. Merde! Mon cœur battait un peu plus vite. Ma mère a donc décidé d’aller se renseigner auprès d’un serveur d’un restaurant quelconque. Joie. Un immigré dont on ne comprenait pas un mot! Trop gênées pour lui demander de répéter pour une dixième fois, nous l’avons remercié poliment. 

Nouveau plan?  Suivre la circulation et d’autres interminables petites pancartes sans flèche. Selon mon intuition, j’ai tourné à droite… pour finalement me ramasser sur l’autoroute. Est-ce que j’ai paniqué? Bien sûr que non, je me dirigeais vers le chapiteau. J’étais donc assurément sur la bonne voie. Vous vous doutez de la suite? Le foutu chapiteau a passé, mais il n’y a pas eu de sortie. Coup d’œil au cadran : il nous restait moins de 35 minutes pour trouver le chemin. Je transpirais de plus en plus. Ma mère a donc eu l’idée du siècle; c’est-à-dire prendre la première sortie en vue. Joie. C’était le néant. La campagne profonde. Des champs et des nids de poule. Oulala! Ce n’était pas le moment pour s’émerveiller devant la nature à perte de vue et les odeurs de fumier. À ce moment précis, j’ai paniqué. Je ne voulais pas manquer le spectacle! Je me suis donc arrêtée à la première maison que nous avons vue : il y aurait sûrement un bon samaritain. Aucune réponse. Seconde maison. Idem. Je voulais pleurer : il n’y avait que ces 2 maisons sur ce chemin. 

Puis, nous avons entendu un bruit de moteur. Un espoir. Ma mère a fait signe au chauffeur et nous lui avons demandé comment nous rendre au spectacle Cavalia. «Oh mes p’tites dames! Vous n’êtes vraiment pas sur le bon chemin!» «Merci Einstein! Non mais votre découverte et le E=MC2, c’est du même calibre. Je me sens indéfiniment mieux de savoir que je peux me fier sur un homme comme vous.» Innocent! J’aurais tellement aimé qu’il puisse lire dans mes pensées afin d’accélérer la discussion. Coup d’œil au cadran. Il nous restait 25 minutes. Je n’étais plus heureuse : j’avais chaud, j’étais stressée et je ne voulais pas avoir gaspillé 150$.   

Retour sur une autre interminable route. J’avais la terrible impression que je m’éloignais de plus en plus du chapiteau. Mes pensées allaient sans cesse dans ma tête : dès que j’arrivais au chapiteau, je le mettrais par terre. Cet exploit ne me redonnerait pas mon 150$ mais au moins, mes nerfs seraient soulagés. Quant aux chevaux… ils ont de bons vétérinaires! Voilà! Ma conscience serait donc apaisée. Je n’avais plus de patience. La température montait en flèche dans ma voiture. Je n’avais presque plus d’eau dans le corps. L’harmonie mère-fille était histoire du passé. «Calme toi pitoune!» Non mais, laissez-moi écumer en paix svp! 

Puis, nous avons croisé 4 pirates en voiture. Ils sont tellement bizarres les gens de la rive sud de Montréal! Toutefois, il ne nous restait que 20 minutes pour arriver au chapiteau… au diable les préjugés! Très gentils, ils nous ont reconduits à l’autoroute par de grands signes de navigation. Merci Jack Sparrow! Je me souviendrai toujours de toi et de ton grand cœur. 

Retour au Quartier Dix30. Boulevard De Rome. Merde! Je n’étais pas plus avancée. J’avais très chaud. Avais-je encore de l’eau dans le corps pour transpirer? La doyenne m’a confirmé que oui. Ma chemise lilas était trempée. Joie. Avec toute cette aventure, je ressemblais désormais à une grosse tout trempe. Des cernes apparents inondaient mes vêtements… Beurk!  Coup d’œil au cadran : 15 minutes. Nous sommes donc allées nous renseigner dans un salon de bronzage high tech. La jolie jeune fille (un peu trop d’ailleurs à mon goût avec ma chemise trempée et mes frisottis) a téléphoné à l’organisation du spectacle pour avoir des meilleures indications. Elle nous a sauvées la vie! J’avais désormais un plan tracé noir sur blanc qui m’expliquait le chemin. Ouf! Il nous restait 10 minutes. 

Lumière. Arrêt. Arrêt. Lumière. 9… 8… 7… Il n’y avait que des affiches sans flèches. J’allais sans faute égorger le responsable de la publicité. Il n’y avait encore que des maisons. Arrêt. Lumière. Arrêt. 5…4…3… Puis… le voilà! LE CHAPITEAU! J’ai finalement éteint le moteur de ma voiture à 15h01. Go go go! Au diable mes cernes de transpiration! Je devais récupérer les billets. La gentille personne de la billetterie s’est empressée, telle une tortue, à me donner mes billets. «Non non madame, me dit-elle avec un accent des îles du sud, le spectacle n’a pas encore commencé.» «Ok! Quelle est la musique que j’entends alors?» Je n’ai jamais entendu sa réponse. Je n’avais pas le temps ni la patience. De plus, courir me permettait d’aérer mon dessous de bras de manière subtile. 

Hey oui! Le spectacle était commencé! Nous devions donc nous libérer du terrible labyrinthe sans fin dans le noir total. Le chapiteau était immense et une série de couloirs obscurs nous séparaient du spectacle. Je marchais rapidement, je haletais. J’y arrivais! Puis, la matriarche m’a demandé de ralentir le pas. Non mais j’en avais rien à foutre moi qu’elle se soit tordue la cheville une semaine auparavant et que son pied faisait encore le double de son acolyte gaucher. Je ne voulais pas manquer une minute de plus! Ainsi, bras dessus, bras dessous, j’ai aidé ma mère à joindre l’entrée. Un tableau finissait. Merdouille! « Mesdames, vous ne pouvez pas aller vous assoir maintenant. Cela va déconcentrer les chevaux. Vous devez attendre que toutes les bêtes soient sorties de scène.» Quelles vedettes! Oulala! 

Puis, nous avons eu le signal. Je suivais les indications pour me rendre à mon siège lorsqu’une inconnue me signifia que ma mère ne bougeait pas. Retour au point de départ : elle était dans la lune. Définitivement, j’allais finir par mordre un innocent. 

Le spectacle fut magnifique. Féérique. J’étais dans un monde parallèle où rien n’était impossible. Je séchais et je me sentais bien. J’évacuais toutes les tensions et je rêvais à ce monde merveilleux. L’eau, la nature, la musique, les chevaux. Tout était sublime. 

Le spectacle terminé, nous avons repris la route dans la grande chaleur. Un bouchon de circulation nous a coincées durant 45 minutes. J’avais la vessie pleine et aucune toilette n’était à disposition.  Je n’avais même plus d’énergie pour me plaindre. Ma prochaine destination serait probablement l’hôpital à la suite d’un empoisonnement d’urine mais bon, c’était  ma destinée. Je l’acceptais. 

Nous sommes finalement rentrées au bercail. Nous nous sommes arrêtées manger dans un restaurant grec. Aucune conversation. Nous mangions en silence, épuisées. J’ai acheté un bouquet de rose d’une petite dame. Nos voisins de table chuchotaient : «Oh regarde, elle a acheté des roses à sa mère.» Hey non, elles étaient pour moi! Lorsque je les ai déposées sur mon sac à main, les gens m’ont regardé bizarrement. «Si vous saviez ce que des foutus chevaux m’ont fait endurer aujourd’hui, j’ai bien le droit de me gâter! Bande de jaloux! Si ma mère désirait des fleurs, elle n’avait qu’à se les offrir elle-même. C’est une adulte intelligente, je vous l’assure. Donc, regardez ailleurs! Merci!» 

De retour à la maison, je me suis connectée sur le site Internet de Cavalia. Surprise! Le site indiquait EXACTEMENT comment se rendre au chapiteau. J’ai fermé la page désespérée et j’ai gardé cette information pour moi. Il me restait tout de même un peu d’orgueil. 

Malgré tout, ce fut une très belle journée. Échelle du désespoir? Pratiquement nulle. J’ai rêvé. Innocent 

 

 

Les aventures d’un chaton 6 février, 2011

Classé dans : Non classé — paranochoco @ 21:46

Avoir un chat n’a rien d’exceptionnel. Le commun des mortels en possède. Les Égyptiens les vénéraient. Qu’est-ce qu’un chat? Une jolie boule de poils affectueuse… rien de plus. Toutefois, avoir un chat dans un 4 et demi, être légèrement (je dis bien légèrement) paresseuse et habiter avec une mère légèrement (je dis bien légèrement) névrosée causent une panoplie d’aventure. 

C’était la vielle du Jour de l’An. Ma richissime cousine partait en voyage et m’avait demandé à moi, parente paumée, de bien vouloir garder la prunelle de ses yeux étant donné que, de toute façon, j’allais demeurer dans le froid hivernal… Adorant les animaux et considérant que mon poisson manquait un peu de conversation, je n’y ai vu que du feu. Le minou a donc passé d’une méga maison à un tout petit appartement. Oulàlà! En 15 minutes, il avait reniflé tout son territoire et retrouvé affectueusement sa litière. Seul le joyeux sapin de Noël demeurait une énigme mais bon, il avait grandement le temps de trouver un moyen de s’y rendre. Après tout, on venait tout juste de faire connaissance…   

Je regardais ma mère et je percevais déjà sa profonde détresse. Entièrement paranoïaque, elle inventait déjà les pires scénarios possibles sur les conneries que minou ferait. À peine la croisière s’amuse venait de quitter notre humble demeure que maman poule suivait super minou à chaque pas. «Au cas où…» disait-elle. Les 10 jours suivants s’annonçaient longs… 

Puis, il a trouvé SON endroit. Mon lit simple. Curieusement, une boule de poils de 8 mois prend énormément de place… et rapidement! En 12 heures, j’étais déjà complètement amoureuse. Mon souper du Jour de l’An était interminable. Je voulais retrouver le petit. Il se sentait bien lui aussi. En peu de temps, il a prit ses aises. Grimper toujours plus haut. Atteindre les endroits les plus inusités. Faire crier la matriarche. Il faisait déjà partie de la famille. 

Le dimanche 2 janvier 2011, ma mère a eu la brillante idée de défaire les décorations de Noël dès la matinée. Guirlandes, boules et grelots faisaient un train d’enfer. Minou avait dormi toute la nuit : il était donc plein d’énergie. Hypnotisé par tous les désennuies s’offrant à lui, il ne savait tout simplement pas où donner de la tête. Courir, sauter, glisser. Go go go! Le plus comique étant certainement de le voir se mettre en position de chasse : très effrayant venant d’une boule de poils de 3 livres. N’en pouvant plus de se faire agiter une guirlande de grelots sous les yeux: il a décidé d’imiter la très savante espèce des écureuils volants. Il a donc allégrement sauté de je ne sais où sur la doyenne de la maison. Cette dernière a hurlé et blasphémé. Ses yeux étaient rouges et la bave écumait de sa bouche; j’ai réalisé à ce moment que je devais investir un peu plus de temps sur le minou. Ma mère a la patience d’une écrevisse, il ne faut pas oublier. Qu’importe! Je conserve néanmoins mon point de vue encore aujourd’hui : défaire les décorations à 9h le matin, c’était complètement niaiseux et suicidaire.   

Au fil des jours, minou a compris que lorsque la matriarche élevait le ton, il était mieux de se mettre à l’abri. C’est ainsi qu’il a rapidement adopté sa cage. Je crois qu’il préférait voir Hulk à travers les barreaux; c’était infiniment plus sécurisant. Également au fil des jours, minou a compris le sens de «gros parleur, petit faiseur». En effet, malgré le ton de voix toujours imposant de la doyenne de la maison, il a repris ses mauvaises habitudes. Qu’est-ce que je me marrais! Haha La prenant en pitié, j’ai décidé de lui mentionner le truc sans faille pour tout propriétaire de félin: la bouteille d’eau. Et bien quoi?! C’est efficace et l’extinction des cordes vocales est ainsi évitée. Toutefois, mon fameux truc n’a pas fait long feu puisque le second endroit préféré de super minou était le bain. Merde! Après avoir appuyé plusieurs fois sur le push push, l’effet était nul. Minou me regardait et se foutait carrément de ma gueule.    

Ainsi, aucun obstacle ne pouvait désormais l’empêcher à se cacher dans son troisième endroit préféré, soit l’arrière de la laveuse-sécheuse! Oulàlà! Il était impossible d’aller le chercher à cet endroit! Nous devons donc attendre qu’il en ressorte… sous les vocalises assourdissantes de maman… Chassez le naturel et il revient au galop! Minou s’est finalement pointé le bout de la truffe avec une énorme touffe de poussière sur la tête. Il était si craquant! Puis, il s’est mis à éternuer durant les quelques heures qui suivirent. Ha ha ha! Pauvre bébé! Et bien quoi? Peu de gens lavent l’arrière de leurs appareils électroménagers régulièrement! 

Toujours entre nos jambes, le petit s’est fait marcher sur la queue à plusieurs reprises. Il ne chignait même pas! Un jour, ma mère m’a dit : «Sab! Tu marches sur le chat!» J’ai dirigé mon regard vers le sol et les yeux du chat botté de Shrek me suppliaient de retirer mon pied. Le tout sous un faible miaou plein de tristesse. Oups! Cette mésaventure ne l’a toutefois pas démotivé à être toujours au mauvais endroit au mauvais moment. 

Par la suite, j’ai trouvé la stratégie miracle pour obtenir son attention : les Whiskas Temptations! Ohnnn cruelle gardienne étais-je! Secouer le sac et minou accoure peu importe l’endroit où il se trouve. Voilà! Je secouais le sac et je le resserrais. Ha ha ha! Ne vous indignez pas chers lecteurs! Super minou en recevait 5 fois par jour! 

Évidemment, qui dit manger dit expulser le surplus! Oulàlà! Est-ce possible de déféquer aussi gros lorsque nous sommes si minuscules? La réponse est oui. Totalement dégoutant. Des crottes de lapins mélangées à une sorte de longue saucisse…. Qu’est-ce qu’il puait! Merci au Little Locker d’avoir conservé précieusement les odeurs! Non mais nettoyer la litière est une chose, nettoyer la merde accumulée durant une semaine en est une autre. Ma générosité a des limites tout de même. 

Revenons donc au côté adorable de la boule de poils. Vers la fin de son séjour, il a découvert l’ordinateur. Nous pouvions clavarder durant des heures : une équipe d’enfer. Il bougeait la caméra et donnaient des nausées à tout son précieux fan club. Caché derrière l’écran plat, on jouait à se faire des coucous! Évidemment, le tout au grand désespoir de son précieux fan club. La nuit, il venait sur moi (i.e. joie!) et tentait de comprendre le pourquoi je ne portais pas de lunette. Ainsi, il posait sa patte sur mes paupières et me flattait. Mon cœur fondait… Dès que je parlais au téléphone dans mon lit, il se blottissait dans le creux de mon épaule. Vous ai-je dit que nous étions une équipe d’enfer? Inséparables! 

Puis, ma cousine bronzée est venue le chercher. Ébahie devant sa prise de poids (i.e. il devait désormais peser 3,5 livres), elle s’est questionnée sur le traitement reçu. Ses interrogations ont augmenté lorsqu’elle a voulu le prendre et qu’il s’est sauvé pour venir dans mes bras. Mon cœur était gonflé d’amour. Malheureusement, mon rôle se terminait ici. Finis les réveils hâtifs le matin, le manque de place dans mon lit, de le voir coincé dans les rideaux parce qu’il voulait aller sur le bord de la fenêtre, etc. Retour à ma vie de grande paresseuse accomplie. Soupir de soulagement paresseux. Miaou! Miaou! Miaou! Qu’est-ce que la maison est vide!  emoticone 

 

 

Le soleil brille, l’herbe est verte… 28 novembre, 2010

Classé dans : Non classé — paranochoco @ 19:16

Yohann

Attention chers lecteurs, les lignes qui suivront seront dures à lire pour les âmes sensibles. Je risque ainsi une poursuite en diffamation, j’en suis consciente, mais je ne peux passer sous silence l’horreur de la situation. Vous croyez que je fus jadis sans pitié pour le pauvre Julien?  Nahhh! Il y a pire… Un monstre d’égoïsme amplifié par un complexe d’infériorité. Oui oui! Et dire que j’avais des sentiments pour lui…. 

Cette histoire a commencé il y a plus d’un an. Nous discutions brièvement sur Internet. Il m’intéressait, mais je le trouvais bizarre. Premier rendez-vous proposé : un spa! J’ai évident refusé! Non mais on se garde une petite gêne mon cher! Puis, il s’est mis à remettre sans cesse notre rencontre. Toutefois, il était toujours disponible pour les autres… Au bout d’un an, nous nous sommes finalement rencontrés. Belle cruche d’avoir attendu, je sais! Il était beau gosse, sympathique, intelligent et cultivé. Nous avions une tonne de sujets de conversation. Nous riions; nous nous amusions. Puis, devant une fontaine, il m’a embrassée. C’était des plus romantiques. Wow! Je fondais littéralement! Manipulateur exceptionnel, il m’a joué le grand jeu. «J’espérais tellement que tu embrasserais de cette manière. Je veux faire de toi ma princesse. Je n’ai jamais ressenti ce que je ressens pour toi lors d’une première rencontre.» Ainsi de suite. Nous sommes également allés à une foire minable où il m’a gagné 4 toutous!!!! Après cette magnifique journée artificielle, nous nous sommes parlé s régulièrement. Nous dévoilant de plus en plus nos sentiments, nous avons changé rapidement nos statuts facebook. Voilà, j’étais en couple. La semaine suivante, il descend me voir. Il se loue une chambre d’hôtel. Il m’a achetée du chocolat et des bonbons. Il m’a fait faire une petite chasse au trésor. Il me jure qu’il désire une relation à long terme et non du sexe. Néanmoins, il était hors de question que je baise avec lui après si peu de temps. Merci intuition de feu et respect de moi-même! Toutefois, lors de cette soirée où nous avons salivé à profusion, sa mère a téléphoné : «Où es-tu? Avec qui? Quoi une fille! As-tu couché avec elle?!» Eh à 31 ans, il est encore sous le joug d’une mère bourgeoise contrôlante? Mais qu’est-ce que c’est que cette connerie? Ses parents ont tellement d’argent qu’ils se doivent de surveiller les copulations de leur fils? Wow! Ayant refusé de dormir à l’hôtel, je suis retournée le lendemain matin. Il était sur le point de partir! Il ne répondait pas à son cellulaire… bref, il se sauvait!!!! Je lui ai demandé ce qu’il se passait. Il m’a répondu qu’il avait une urgence familiale, qu’il devait aller garder ses neveux. En joyeuse dinde que je suis, je l’ai cru. Un homme aux valeurs familiales! C’est super! Foutaises oui… 

Puis, plus de nouvelles. Un sms durant la semaine disant : «Ne t’en fais pas, je t’expliquerai.» Il avait supprimé son compte facebook  sous prétexte qu’il recevait des menaces de la part de ses locataires. Quel menteur! Il était très occupé semblait-il! Il n’avait même pas le temps de prendre le nombre incalculable de messages vocaux que je lui ai laissé! Il m’a finalement rappelé au bout d’un mois. Ses explications : destruction de biens matériels de plus de 60 000$, choc post-traumatique et suivi psychologique. Ha ha ha! On se croirait à Juste pour rire. Néanmoins, je lui ai donné le bénéfice du doute. Il a terminé la conversation avec un «je m’excuse» sincère (attendez un peu je me roule par terre). «Je te rappelle cette fin de semaine. Le procès a lieu dans quelques jours. Et toi, quoi de neuf?» Je lui ai donc annoncé que j’avais été engagée comme cadre dans une entreprise en pleine expansion de la région. Malaise. Il n’avait pas l’air heureux pour moi. Les jours ont passé et pour faire changement, je n’ai pas eu de nouvelles… J’ai rappelé. Aucune réponse encore. J’ai donc laissé les choses allées puisque mes énergies étaient prises par le début de mon nouvel emploi… 

Au courant de la soirée d’hier, j’ai appris par mon amie que ce charmant crapaud visqueux est désormais en couple sur facebook avec un têtard féminin aux fesses rebondies. Sans commentaire. Le salaud m’a bloquée sur le réseau pour ne pas que j’aie accès à ses informations. Il n’a même pas eu les couilles de me le dire lui-même. Quelle surprise! Son attribut masculin est sûrement trop petit pour qu’il puisse agir en homme. Un vrai fuyard. Peut-être que s’il perd un peu de ventre un jour, il les trouvera ses foutues couilles. Néanmoins, sa présente chérie aime surement les bourrelets… avec de telles courbes! Elle sera donc satisfaite! Qui se ressemble s’assemble! Jusqu’à temps qu’il se trouve un nouveau poisson… 

Cher Yo, puisque je sais que tu aimes lire mon blog (à moins que cela aussi était un bobard?), porte bien attention à ce qui suit. Tu es une véritable plaie humaine. Un menteur compulsif qui ne mérite pas de respirer. Tout ce qui sort de ta bouche est nocif pour la société. De la véritable pollution. Je ne suis sûrement pas la première fille que tu as déçue. Tu te présentes comme un homme à marier, alors que tu répètes le même discours à tout ce qui a des courbes. C’est misérable. Ne te retrouve jamais sur mon chemin, car je t’écraserai avec joie. N’est-ce pas ce que l’on fait avec de la vermine? Oups! C’est vrai! J’ai infiniment plus de respect pour une coquerelle que pour toi… Alors désormais, tu sais très bien jusqu’où je pourrais aller pour t’exterminer. Tu as joué avec mes sentiments alors que je t’avais accordé ma confiance. Dommage qu’avec une famille entière de médecin, tu sois si atteint. Tu as sûrement dû hériter des gènes déficients de la parvenue. Quoi qu’à bien y penser, elle doit être au courant que tu es un coureur de jupon. Il est vrai que devoir partager des millions en héritage avec des bâtards nés de plusieurs femmes différentes n’est pas très valorisant pour une mère. Elle possède donc sûrement des gènes corrects finalement. Mieux que les tiens assurément. Désormais, à chaque fois que j’entendrai la chanson Before he cheats de Carrie Underwood, je penserai à toi. À ta place, je prendrais garde à ta Audi… 

Suis-je désespérée? Non. Uniquement en colère. Soyez assuré, chers lecteurs, que vous n’entendrez plus parler d’histoires amoureuses pour un long moment. Fini le gloussement de la dinde! Je garde la tête haute. Je reste zen. Le soleil brille, l’herbe est verte… 

 

 

Du réconfort svp! 14 novembre, 2010

Classé dans : Non classé — paranochoco @ 21:15

Et voilà. C’était reparti. Pourtant, je n’étais pas près de ma «période naturelle de la femme»… ou peut-être que si… je ne sais plus. De toute manière, toute femme qui se respecte peut en témoigner : le SPM n’est pas un pré requis obligatoire pour la crise existentielle féminine. 

Cette anecdote s’est assurément déroulée un dimanche soir. Jour de spaghetti et de pain à l’ail. Pourquoi? La journée du Seigneur est associée, dans mon cas, à la déprime du début de semaine. Il me faut donc un repas digne de joie! Je fais dure je sais… 

Alors, je me plaignais donc de ma dernière histoire d’amour qui a duré… une semaine! Non mais je vous assure, c’était toute une histoire! J’avais vraiment cliqué sur ce mec. Il répondait à tous mes critères. D’accord, il avait un peu trop de ventre à mon goût (qu’est-ce qu’un bourrelet lorsque le visage nous plaît?), mais j’avais en tête l’idée de le faire courir. Probablement qu’il a lu dans mes pensées puisqu’il s’est sauvé! L’écœurant! Aucune nouvelle. Les jours ont passé. Même s’il m’avait énormément gâtée durant notre lune de miel asexuée,  je vivais une angoisse certaine. Pourquoi? Il m’avait même dit que j’embrassais si bien…  Snif! 

Ainsi, j’ai fini par raconter ma triste histoire à Julien. Ben oui! Encore lui! Je sais, c’est terrible! Je le soupçonne même d’avoir marchandé avec un sorcier vaudou qui se prétendait athée (oui oui, le sorcier a bien dû mentir pour obtenir sa confiance : Julien est tellement terre à terre!) uniquement pour s’assurer que ma vie amoureuse soit un désastre. Qui sait? J’ai toujours eu de la difficulté à cerner ses véritables intentions! Puis-je vraiment lui faire confiance? Ouf! 

Bref, revenons à nos moutons. Afin d’être le plus plausible possible dans mon délire de jeune dinde éprouvée, j’ai décidé (inconsciemment dis-je bien) d’étendre ma malchance en faisant le constant de ma vie…  J’approche de mes 27 ans, je suis encore célibataire, j’ai un job qui ne demande pas de bacc et je vis encore chez ma mère! Ouf! Je ne semble pas avoir évolué en 2 ans! Snif! Et SURTOUT, je me suis fait avoir par un écœurant… 

Julien s’est donc sacrifié pour mon bonheur: 

Sabrina : Je suis une vraie dinde sans intérêt! Je suis uniquement bonne à glousser… Tout le monde se fiche de moi! Je suis juste une DINDE! (il est important d’insister ici sur le ton geignard de mon affirmation) 

Julien : Oui, mais tu es ma dinde à moi… 

Sabrina (en larmes) : Mais je suis une dinde romantique! Toi, tu aimes tes dindes sexuelles! Alors ne me mens pas! 

Julien : J’aime toutes les types de dindes Sabrina, même les farcies! 

Sabrina (perplexe) : Qu’importe! Je recherche un dindon romantique et toi, tu es trop physique… 

Julien : Et alors? Les contraires s’attirent… ou qui se ressemblent s’assemblent… ou chaque torchon trouve sa guenille! 

Était-ce une déclaration d’amour? Je ne sais pas. J’en doute fort. Néanmoins, il faut dire qu’à bien y penser la situation était réellement pathétique. Comment une conversation intelligente aurait-elle pu suivre? haha Bizarrement, je sais désormais qu’une dinde peut être aimée et attirante; et pas seulement à l’Action de Grâces ou à Noël. Oh mon Dieu! Il a fallu une conversation du genre pour que je m’en aperçoive! 

Mon niveau de désespoir est donc présentement très bas. De nombreuses personnes ont des problèmes bien plus importants que les miens! Il ne me reste plus qu’à déclarer à haute voix : «Vive le célibat… et le report de l’atteinte de mes 3 objectifs de vie à mes 28 ans!!!!» Haha emoticone emoticone 

 

 

Bye bye grand-maman! 11 octobre, 2010

Classé dans : Non classé — paranochoco @ 14:41

Le mercredi 4 août 2010 est décédée ma grand-maman adorée. Celle avec laquelle j’ai grandi. Elle était pour moi une amie, une mère et une grand-mère.  J’étais en période de vacances estivales et voilà que je recevais un seau d’eau froide en pleine figure. Adieu Chicoutimi! Je devais revenir rapidement dans mon recoin de la Montérégie! Ouf! Je devais faire 6 heures de route sous l’émotion. Le pis n’était pas la route; c’était la Marie-Madeleine qui geignait à mes côtés. Au résultat, 4 crises d’angoisse de sa part. Le Parc des Laurentides, une chicane de couple ultra violente à St-Hyacinthe, le tunnel Lafontaine et un méga orage à Vaudreuil-Dorion. C’est à ce moment qu’elle s’est exclamée que nous allions mourir! Bon… passons… elle venait tout de même de perdre sa mère! C’était éprouvant pour elle! Qu’importe qu’avec une visibilité nulle, je me serais passée de ce commentaire… 

Le lendemain matin, je vais donc choisir les fleurs que mes cousines, Francesca et Jessica, et moi allions offrir à notre grand-mère pour son dernier repos. Je rejoins donc Jessica chez le fleuriste où cette dernière dissimule mal sa joie de vivre. «Oh! C’est effrayant à quel point les bouquets pour des funérailles ont l’air gai. » Eh voilà! La gentille dame au comptoir pouffe subtilement de rire. Et ça continue… Au bout de 10 minutes de conversations impliquant le mot «gai», la fleuriste demande : «parlez-vous toujours des fleurs mesdemoiselles?»  La réponse était trop tentante : «Non non, on ne vous avait pas précisée que notre grand-mère était lesbienne?»  « Oh! Le changement d’orientation sexuelle était avant ou après les enfants?» «Non non, il n’y a pas eu de changement d’orientation… ça se faisait en même temps! Notre grand-mère était très ouverte!» Bien que toute la clientèle du magasin ne savait pas trop comment réagir, la fleuriste et nous pleurions de rire. C’était la première fois qu’elle entendait parler d’une feu grand-maman en des termes aussi glorieux. Ouverture d’esprit, sens de l’humour, ingéniosité, etc. Wow! Tes petites filles te rendent fièrement hommage grand-maman! 

Afin de conclure parfaitement notre achat, Jessica et moi décidons d’investir sur un petit moineau jaune en l’honneur de tous les serins que notre grand-mère a eus… et tués involontairement en leur rendant leur liberté par un magnifique -30 degré Celsius. Elle était si généreuse et proche de la nature grand-maman… Trêve de sentiments. Revenons à nos moutons. Évidemment, le petit moineau jaune étant de loin le plus… surprenant pour les yeux! Un autre beau terme pour ne pas utiliser le qualificatif laid ou l’expression moins gâté par la nature. De toute façon, c’était celui-là que nous avions choisi. 

Les jours ont passé. Notre plan de s’arranger les cheveux en nid de moineaux pour servir la messe est tombé à l’eau. Puis, Julien m’a annoncé qu’il viendrait me voir. Youppi! J’avais énormément besoin de la présence de mon meilleur ami. Eh oui, bien que j’aie été plutôt rude avec ce cher Julien, je dois tout de même admettre qu’il a certaines qualités… Sa présence m’a fait un bien énorme. C’est fou comme les bras d’un homme apportent un réconfort dans les moments difficiles! Il m’a fait rire aux larmes : comment résister lorsqu’un homme démuni nous raconte son dernier abus sexuel par une nymphomane? Je l’imaginais sous la contraire, angoissé et en position fœtale. Merci grand-maman pour cette magnifique vision! J’avais un moral d’enfer tout d’un coup! Toutefois, je ressentais également une hausse de libido. Oh oh! Finalement, après plus d’un an de chasteté buccale, j’ai embrassé avec la langue! Oulala! Trop énervée, je n’ai pu m’empêcher d’effectuer une danse de joie. Je venais tout de même de réduire grandement ma possibilité de développer des caries dentaires. Pour une fille qui ne possède pas d’assurance dentaire, c’est beaucoup! Oh mon dieu! Comment pouvais-je être aussi joyeuse après si grande une perte? 

Puis, le jour J est arrivé. Veillée macabre au salon funéraire. Toute la famille était là, en larmes. Grand-maman était si belle pour son dernier repos. Je ne pouvais détacher mon regard d’elle. Béni soit celui qui a inventé le mascara waterproof. Ce moment m’a même permis de me trouver une seconde carrière pour arrondir les fins de mois : pleureuse professionnelle. Je pourrais faire fortune. Une petite vidéo remémorant la vie de la personne et up, je suis partie pour la gloire. Ajouter à cela la chanson Alléluia et nous sommes une trentaine en performance au concert des trompettes nasales. La production des glandes lacrymales est infinie. Surprenant. 

Toutefois, rien ne m’avait préparée à la journée du lendemain : les funérailles. J’étais donc très jolie, en robe noire, à servir la messe. Jessica et moi étions fidèles au poste. Fidèles oui, mais totalement incompétentes! Un petit monsieur dodu nous suivait constamment pour nous indiquer nos faits et gestes. Malheureusement, je ne comprenais pas la moitié de ce qu’il disait. De plus, les prêtes, car oui ils étaient 2, et le petit monsieur dodu nous indiquaient toujours des directions contraires. Imaginez un peu la scène? Le malaise total. Dinde à droite, dinde à gauche. Grand-maman devait se bidonner. 

Une fois la messe terminée, j’ai suivi le cercueil jusqu’à la sortie. Oh! Je pleurais si fort que je hoquetais! Pourquoi m’avoir laissé cette place de choix? Oui, d’accord, un lien spécial nous unissait ma grand-mère et moi mais bon… De cette position, tous les gens présents dans l’église pouvaient admirer la coulée de l’ombre à paupière. Un léger sentiment de honte m’a envahie lorsque j’ai senti un certain liquide coulé de ma fosse nasale. Évidemment, je n’avais aucun mouchoir sous la main! Beurk! 

Puis, ce fut le cimetière. Un magnifique cortège de chauffeurs peinés et dangereux a suivi. Hoqueter, se moucher et pleurer est assez difficile lorsqu’on conduit…  Ils ont mis le cercueil en terre. J’y ai déposé le petit moineau laid. Ce précieux cadeau devait s’envoler avec elle. Mon visage rougi me brûlait. J’étais épuisée. Une chance qu’une multitude de petits gâteaux allaient suivre au buffet. À ce moment, je ne pensais qu’au chocolat, au sucre et au gras. Quelle consolation! 

Heureusement que j’ai pu compter sur mes précieux amis. Julien, Marie-Claude, Sarah et Tania sont tous venus me soutenir. Merci! Tania m’a même offert un petit poisson! Anna, le poisson transsexuel, a élu domicile dans ma chambre. Il fut baptisé en l’honneur de la femme fabuleuse qu’était ma grand-mère. Grâce à vous, chers amis, mon niveau de désespoir s’est chiffré à 4 sur 10. Je sais que ma grand-maman est bien là où elle est désormais. 

 

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